Escapade Fatale - Un dernier pour la route

Publié le par Sylc

Il aurait été de bon ton pour cette ultime critique de parler de La route, pour faire « Un dernier pour la route », mais bien qu'il s'agissait en effet de la première intention, n'ayant toujours pas vu ce qui semble être une excellente adaptation de McCarthy, je passerais donc mon chemin et prendrait un autre détour pour vous parlez de ma dernière bonne surprise Dvdéhesque (Ahhh, je sais qu'ils vont vous manquez tout ces mots qui n'existent pas), à savoir Escapade Fatale.

19183634-r 760 x-f jpg-q x-20091015 115709Je sais, rien que le titre, ça fait peur... Ca sent le téléfilm M6 de milieu d'après midi, un truc pas trop développé du bulbe pour permettre à la ménagère de moins de cinquante ans de ne pas se brûler sur son fer à repasser, agglutiné par une séquence trop prenante.

A vrai, dire, je me suis également posée la question quand j'ai reçu mon dvd (référence à mon abonnement par correspondance dont je vous est déjà parlé).

Mais pourquoi j'ai loué ça?

Avant de le regarder, je jettes un oeil rapide à la page allociné du film et je reprend tout de suite relativement confiance dans mes choix ciné.

Cet article me permet aussi du coup de vous parler d'un réalisateur que j'apprécie particulièrement, que je range dans la même étagère que Anderson dont j'ai déjà fait la filmo il n'y a pas si longtemps (enfin tout est relatif Albert...). J'avait déjà dit quelque mots sur lui dans cette news sur la mise en route du projet de Riddick 3. Vous l'avez compris (ou pas) il s'agit de David Twohy, excellent réalisateur nouvelle génération de série B. Pour ceux qui ne connaîtraient pas l'homme, un petit palmarès de scénariste précède sa carrière de réalisateur. Critters 2, Warlock, le fugitif ou Waterworld pour exemple. Premier forfait en réalisation pour la tv avec timescapeaffichecineTimescape en 1992, petit téléfilm gentillé plutôt bien ficelé avec peu de moyen(enfin j'en ai pas un mauvais souvenir), et un premier film cinéma avec The Arrival en 1997.

Aaahhh là ça y est, je sais que je viens de paumé une grande partie de mon auditoire. J'ai tout à fait conscience que parfois je dois être probablement la seule personne à apprécier certains films, élément qui doit tenir au fait que j'extrapole souvent certaines situations au cinéma au moment même ou je les regarde. Pour Planète Hurlante (pour revenir une énième fois sur cette incompréhension tenace), je sais que c'est la qualité du scénario original de K. Dick qui, malgré les grosses faiblesses et foirades du films (les FX pourris, les acteurs mauvais, le montage poussif), arrive quand même à transiter comme par miracle jusqu'à mon esprit. En revanche, je ne démords pas de l'excellente qualité de la séquence d'intro, qui n'augure malheureusement pas de la suite du film.

Mais je m'égare encore.

00801136-photo-affiche-the-arrivalThe Arrival, sur bien des aspects, est de bien meilleur qualité qu'un Planète Hurlante. Bon évidemment, le fait qu'il repasse régulièrement sur bon nombre de chaîne TNT de renom comme W9 ou NT1 n'augure rien de bon et ne va pas jouer en ma faveur. Ce qui fonctionne, c'est surtout la qualité « mécanique » du scénario, issu de la carrière précédente de Twohy. Sans pour autant sortir des sentiers battus, il a la faculté de nous laissé à l'esprit une certaine incertitude sur les évènements à venir et donc, nous réserve souvent de « bonnes » surprises (dans le sens d'intéressantes) et fait d'un film sans grande prétention un divertissement réussis, voir intelligent.

Il confirme cela en 2000 avec la sortie de l'inattendu Pitch Black, film a faible budget qui participa au lancement de la carrière de Vin Diesel (avec Fast and Furious aussi bien sûr, un remake de Pointbreak avec un mec qui sait pas nagé, genre Vin Diesel avec une bouée canard dans le petit bassin c'est pas franchement vendeur, allez, mettez le moi dans une bagnole).

pitchblack-riddickPitch Black donc, un de mes films favoris, qui sous le couvert d'un vulgaire film de SF basique nous réserve d'excellentes surprises. Des FX rares mais très réussis, un déroulement surprenant et assez crédible, des personnages stéréotypés mais bien aboutis, des créatures et un univers qui fonctionne à merveille, une esthétique homogène... et Riddick.

Que demander de plus, franchement?

« Une suite! » vous me direvin diesel as riddick in pitch blackz, mais là je serais moins catégorique. Les chroniques de Riddick en 2004 ne manquent pas de qualités, mais son aspect studio, son univers en marge de Pitch Black (en tout cas de l'image que je m'en été fait), son traitement fantasy futuriste, ses Necromongers bien alléchants mais finalement très creux, son déroulement hasardeux et son fond ouvertement repompé sur Conan à mes yeux effacent de magnifiques séquences comme celle de Crématoria ou l'intro sur la planete de glace.

Et puis crotte, Conan, c'est Conan, on peut pas rivalisé avec ce genre de personnage.

Twohy se défend sur les faiblesses du film en regard de l'ampleur de la production qui les aurait plutôt contraint, lui et Diesel, à faire de nombreuses concessions. Comme je le relayais dans une news maintenant anciennes, ils souhaitent ne pas répéter les mêmes erreurs avec le troisième volet en préparation et renouer avec l'esprit de Pitch Black, et perso, je ne demande pas mieux.

abimes,1Entre Pitch Black et Les Chroniques... se cache une petite perle, Abîmes, une sorte de U571 fantastique qui, dans un contexte très différent de Pitch Black en possèdent les qualités. Bonne mécanique scénaristique, bons personnages bien incarné, bonne esthétique soutenu par des FX efficaces. Soyons honnêtes, la fin est un poil faiblarde, ce qui sera le cas également d'Escapade Fatale et qui malheureusement semble être une marque de fabrique du réalisateur. Disons que ces fins ne sont pas ratés, loin de là, mais elle donne l'impression de ramener le spectateur à une certaine forme de réalité, ne laissant pas ce soin à l'arrivée du générique, un peu comme s'il nous disait en conclusion « regardez ces personnages qui à présent vont rentrer dans leur vie normale ou ils ne seront plus jamais confronté à ce genre de chose ».

Nous voilà donc arrivé au bout de la filmographie, assez courte en terme de réalisation, mais, à la vision des projets en chantier risque de s'étoffait rapidement.

Escapade Fatale prend donc également un scénario simple, voir franchement usé. Un couple part en lune de miel dans l'archipel d'Hawaï, et, au détour d'une excursion vers une plage isolée, apprend en croisant d'autres randonneurs qu'un couple de tueurs a massacré des gens sur une île voisine. Il suppose que se sont deux auto stoppeurs louches qu'ils ont croisé un peu plus tôt et leur inquiétude grandit fortement lorsqu'il se rende compte que ces auto stoppeurs sont sur la même piste qu'eux.

19120566MV5BMjEzNzI0NTYzMl5BMl5BanBnXkFtZTcwOTg0MjA2Mg@@. V1. SX600Finalement, ça ressemble bien à un film M6 de milieu d'après midi, au moins en apparence. La distribution commence déjà à faire la différence. Mila « 5eme éléments » Jovovich, Timothy « Numéro47 » Olyphant... et des acteurs de séries...

 

Merde, la distribution aussi ressemble à de la naserie TNT.

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C'est finalement la mécanique scénaristique qui sauve tout (en plus de la réalisation au petit oignons). A part un flashback Too Much qui céde à l'esthétique en vogue du split screen (qui date quand même des années 70... pour ceux qui se rappellerais de Carry par exemple, ou des séries de l'époque), le reste se déroule magnifiquement, nous laissant à la fois dans le doute de « qui sont les tueurs !?!», parce qu'on croise finalement un bon paquet de couple louche dans l'histoire, aussi bien que dans l'incapacité de deviner la séquence qui va suivre, qui nous conduit à un climax galvaudé mais excellemment bien amené et executé. Comme dans ses autres films, les personnages sont également réussis, une bonne dose de stéréotype, une bonne interprétation, le tout bien enrobé dans l'histoire et le résultat en est assez bluffant. Les personnages secondaires ont également une crédibilité appréciable, la perspicacité des secouristes qui tiennent à peut prêt 3 secondes dans le film vous fera assurément plaisir.

escapade-fatale-2Si vous connaissez le réalisateur, vous pourrez peut être pressentir un peu avant les autres un élément qui est moteur de ses scénarios, mais bon, je vais pas vous le vendre, ça vous gâcherais le truc.

Bref (ah non pour ça c'est raté), je vous recommande chaudement ce film. On en revient au fondement de la série B, des choses convenus, un regard un peu neuf, de la jugeote en plus grande quantité que des effets, un divertissement manifeste... du bon cinéma quoi.

 

Et puis, imaginez Saddam Hussein se tripoter sur les comics de Namor, franchement, rien que pour ça, ça vaudrait le détour. 

Publié dans Critiques

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Karvak 12/04/2011 21:49


Et pourquoi ça devrait être fini d'abor!
J'ai bien envie d'ecrire un truc sur Sucker Punch moi!!!