Inglourious Basterds

Publié le par MaToSy


 

Il y a des acteurs qui font aller voir des films et il y a des réalisateurs qui ont le même pouvoir. Là c’est bien on a les deux!

 
















Moi j'aime bien Tarantino. C'est mon côté marginal. Je n'ai pas besoin de savoir le thème d’un de ses films pour avoir l'envie d'aller le voir. Mais comme son cinéma est autant reconnu parmi ses paires, qu'il est apprécié des masses, on ne peut malheureusement pas longtemps échapper a une bande annonce qui nous fait méditer sur cette puissante émotion qu’est l’impatience.

 

Bien que sachant qu’il serait question d’une bande de militaire américain réalisant des exécutions de nazi dans la France occupée de la deuxième guerre mondiale, c'est sans à priori et le cœur joyeux que je me suis rendu dans mon cinéma le plus proche pour contempler la nouvelle œuvre du maitre. Je vous rassure de suite, bien que le sujet ne soit pas historiquement facile, le thème n’a pas semblé soulever de frein chez l’auteur. Pas de doute, c'est bien du Tarantino pur jus. Personnages, dialogues, musiques, actions, situations, tous y est. Mais pourtant, j’ai bien l’impression qu’il manque un petit je ne sais quoi…

 

Quentin Tarantino, prend des libertés énormes avec l’Histoire avec un grand « H », pour nous raconter une fable sur la chute du 3e Reich. C’est un parti prix délibéré, parfois perturbant, mais qui au final marche assez bien. Ce délire jouissif, je ne vous dirai pas pourquoi mais vous le vivrez sûrement vous aussi à la fin du film, prend cependant certains raccourcis un peu faciles, et dommageable. Comme considérer que tout soldat Allemand de cette époque était un nazi. C'est pas un documentaire mais quand même...

 

Mais au-delà du fantasme auquel j’ai fini par me laisser charmer, ce qui m’a spontanément séduit ce sont les personnages. Et tout particulièrement l’un d’entre eux.  Je ne parle pas du lieutenant Aldo Raine, chef du commando antinazi, car même si l’interprétation qu’en fait Brad Pitt est excellente, elle est loin de relever de la performance d’acteur. C’est un personnage plaisant, mais néanmoins  « facile » et caricatural. Tout l’inverse de son alter ego, le colonel Hans Landa, magistralement campé par Christoph Waltz, qui n’a vraiment pas volé son prix d'interprétation masculine à Cannes. Il arrive à s’approprier la personnalité perverse et sadique de cette ordure de colonel nazi à un point qui touche à la perfection tant il le joue tout en nuances et subtilités. Bluffant. Parmi les autres personnages principaux, on peut aussi remarquer la qualité du jeu de Daniel Brühl, jeune héros du Reich séduit, bien malgré elle, par une Mélanie Laurent à la hauteur de son rôle.

 

Le film est décomposé en chapitres qui sont comme autant de courts métrages en lien les uns avec les autres. Certains chapitres sont incroyables d'intensité, la tension et l’émotion y étant palpable, alors que d'autres sont « justes » bons, efficaces mais plus légers. Le problème étant  que l'ensemble du film n'atteint pas le niveau de la meilleure de ses scènes. Si j'étais méchant je pourrai même dire qu'il n’atteint pas le niveau de la moins bonne, mais je ne suis pas comme ça voyons... En fait, à posteriori j'aurai aimé, que la somme des chapitres serve un intérêt scénaristique supérieur. Ce qui n'est malheureusement pas le cas. Ou alors, il m’a échappé. Cette dernière remarque ne remet pas en cause mon sentiment global sur le film.
C’est simplement dommage…

 

Bon film

 

Karvak

 


 

Rahhhalala, difficile de parler d’un Tarantino. Entre les fans de base qui diront toujours que la moindre production est une prouesse artistique majeure et ceux qui par mimétisme critique trouveront toujours que Tarantino est une sorte d’artiste décadent du septième art comme on accepte le cousin Léon (punk de son état) à Noël uniquement parce qu’il fait parti de la famille, il est parfois difficile de faire la part des choses dans les critiques nombreuses qui traînent un peu partout.

Bien que j’aime énormément sa faculté de revisitée les classiques du cinéma d’une manière très personnelle, je ne suis pas un inconditionnel non plus. Pour vous donner une idée, Reservoir Dogs et Pulp Fiction sont mes préférés, et j’apprécie énormément sa résistance au cinéma « moderne » et épileptique. En revanche, je n’ai aucune accroche sur Jackie Brown et très peu sur Kill Bill (j’entends d’ici la douce flatterie de vos hués… mmmmhh comme c’est agréable). Tarantino m’apparaît à moi comme un cuisinier qui revisite chaque recette qu’il concocte à sa sauce, prenant un plat bien connu et déjà bien cuisiné par tout le monde pour en proposer sa version (piment en sus), et j’avais trouvé que ces derniers films perdaient un peu de cette caractéristique.

Au vue des bandes annonces que j’avais croisé, je m’étais attendu à autre chose en allant au cinéma. Ces dernières vous montre un film d’action corrosif et j’eus la bonne surprise d’avoir été totalement floué dès les premières minutes du film. En effet, je ne voudrais pas vous gâcher la surprise, mais toutes les scènes d’actions apparaissent dans les bandes annonces, c’est vous dire si elles ne sont pas légion. La mécanique du film ne s’articule quasiment que sur les dialogues entre les personnages, et, malgré une interprétation assez inégale de certains acteurs d’une scène à l’autre (Mélanie Laurent en tête, Elie « Hostel » Roth et Jean-Jacques Ido dans le peloton) et une VF qui, outre le fait de faire perdre une, et parfois deux langues et dessert énormément la plupart des acteurs (Brad Pitt en tête cette fois), l’ensemble des scènes possèdent une tension narrative extrêmement bien resserrée par les protagonistes. On est dans un retour aux sources du style Tarantino. On n'hésite pas à nous servir des plan de plusieurs minutes si besoin est, les scènes se développent au rythme des dialogues, la mise en scène sert le discours et non l’inverse.

Tarantino réussis le tour de force de lier son univers au sujet épineux de l’extermination durant la seconde guerre mondiale, sans perdre de son humour corrosif, sans alléger ou aggraver le sujet et finalement, sans véritablement l’aborder.

Je comprends ce que Karvak voulait nous dire en disant que le film perd de son réalisme en raccourcis un peu facile. C’est là où je trouve que le film de Tarantino est le plus pertinent. Il me semble que ce film ne parle pas de la seconde guerre mondiale, mais bien de la vision de Tarantino des films des années 60-70 sur cette période. Il réussit à la fois à prendre le contre-pieds de toutes les productions actuelles sur ce type de sujet qui se veulent le plus réaliste et le plus fidèle possible tout en mettant en exergue un des éléments qui composent des films comme Les douze salopards, le simple fait que l’histoire présentée est tout bonnement surréaliste. Quitte à être surréaliste, autant en mettre une bonne couche, et là Tarantino a joyeusement gratté le fond du pot. Toujours dans cette idée, sa vision réductrice du peuple allemand durant cette guerre est tout simplement celle qui est rendu dans ces films dont je parlais plus haut, ou le seul adage que l’ont pourrait tirer pourrait être « un bon allemand est un allemand mort (ou au moins scarifié, c’est un minimum) ». Même lorsque l’un d’eux aide les alliés, il se retrouve toujours comme étant un agent double (sans mettre le clignotant), encore plus pourris que les autres. Cette vision de la cruauté incarné n’a que plus tardivement était transféré sur les communistes durant et après la guerre froide pour n’être plus finalement incarné que par des êtres inhumains, cruauté qui permet de développer des sentiments viscéraux pour justifier un jouissif « œil pour œil, dent pour dent ».

Si j’ai un seul conseil à vous donner sur le film, c’est que si vous ne supportait pas Tarantino, que vous trouvez ces films décadents, lents, sans intérêt ou tout à la fois, ça ne s’arrangera pas avec celui-ci qui me rappel sincèrement Pulp Fiction.

 

Pour ceux qui apprécient et bien… je pense qu’ils l’ont déjà vu…

 

 

Sylc

 

 

 

Inglourious Basterds 19 Août 2009.
De Quentin Tarantino.
Avec Christoph Waltz, Brad Pitt et Mélanie Laurent.

 

Publié dans Critiques

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Waltos 23/09/2009 13:35


Jubilatoire comme d hab merci Q.T.Mélanie Laurent mediocre, ça colle pas.
Même VO.


Corn-Flakes 30/08/2009 03:08

Oh, tu as trouvé que Mélanie Laurent jouait bien dans ce film ? Première fois que je vois ça à ce sujet. Pour ma part, grosse déception autour de ce film, mais faut dire que j'en attendais beaucoup aussi. :)

Karvak 30/08/2009 11:03


Toujours cette bonne vieille loi de la déception proportionelle a l'attente, qui se justifie systématiquement à de rare exeption prêt... J'en suis moi même une victime fréquente.
En ce qui concerne Mélanie Laurent, c'est vrai que sa performance est assez inégale. J'ai particulièrement apprécié la scène du restaurant alors que je l'ai trouvé beaucoup moins crédible dans la
préparation de "son" opération Kino.
Ce film laissant une place importante aux langues des personnages, j'aimerai bien savoir si elle a dû tourner en anglais pour se doubler elle-même ensuite ou si ses scénes ont été tournées en
Français et sous-titrées en Anglais dans la VO. La sensation d'un jeu en dessous de son habitude pouvant peut-être venir de l'impression de faux provoqué par "l'auto-doublage." La VO tranchera!