La chevauchée fantastique

Publié le par Sylc

Parlons donc quelques peu de choses qui ont marqués ma rétine.

Difficile de vous faire partager mon émoi (à moins que vous ne l'ayez ressentis... enfin pas le mien, le votre) à la vision d'une grande scène de cinéma, émoi qui persiste encore aprés l'avoir revus plusieurs fois.
Si je vous parle d'un roi à cheval, préaparant ses troupes, une onde d'homme et de chevaux, lancé dans une rage d'en découdre face à une sombre armée, le tonerre des galops déferlant d'une colline pour écraser le flanc d'un bataillon d'orc terrorisé par la détermination de l'ennemi, par la force implacable du cavalier et de sa monture, les lances qui se brisent, les boucliers qui volent en éclats, et le hurlement de la horde que rien n'arrêtes, sauf la mort.
Difficile de rendre par des mots (à moins de les voler à son auteur aprés tout) cette poignante percée épique, cet instant de bravoure ultime, de cet engagement jusqu'au trépas s'il doit en être ainsi, qui vous pousses a tenter d'arracher le bras du siège de votre cinéma préféré.
La charge du Rohan face à l'armée de Sauron dans le dernier opus de l'adaptation du Seigneur des anneaux, pour ceux qui n'auraient toujours pas compris, m'avait bien entendu incrusté dans le dossier de mon fauteuil.
Qu'aurait-je ressentit si j'avais été Néo-Zélandais ou Australien...
La même chose me direz-vous, l'image est universel (enfin "globale", parce que pour ce que l'on connait de l'univers), et cette fiction est compréhensible par tout le monde, au moins dans un contexte judéo-chrtétien en tout cas.
Et pourtant.
En tant qu'Australien ou Néo-Zélandais pur souche (euh, c'est une vue de l'esprit bien sûr), outre le bonheur de voir une telle oeuvre aussi brillament adapté à l'écran (là, ça va poster dans les commentaires) par un de mes compatriotes, n'aurais-je pas eut la poitrine gonfler de la fierté de l'hommage présenté à mes aieux?
Ais-je donc péter un plomb (et non c'est encore une vue de l'esprit)?
Un point d'histoire s'impose donc (je fait mon cake, même si cela ne fait que quelques heures que je suis "aware").
Durant la première guerre mondiale, en novembre 1917 une offencive britannique fut engagé sur le front de Gaza pour tenter de repousser l'armée turco-allemande bien implanté à l'est de l'Egypte. L'armée britannique, composée d'Anglais, d'Australien, de Néo-Zélandais, d'Indiens et d'alliés arabes peinés à percer la ligne de défense de 40km qui s'étendait entre Gaza et Beersheba. Les alliés venant de perdre Bagdad était contraint alors à forcer d'une manière ou d'une autre pour acquérir Gaza, pour sa proximité avec la cote, ou Bagdad, qu'il venait de perdre et qui était un point de ravitaillement important. Mais l'armée turc, connaissant les projets des alliès en ayant récupéré des documents lors d'un échauffourré avec un officier anglais savait que les alliés attaqueraient donc Gaza.
Il s'agissait bien entendu d'un leurre qui permit aux alliés de détourner l'essentiel des forces énemis sur Gaza, appuyant le leurre par le déplacement de troupes importantes. Le but était donc de prendre Beersheba, encore solidement défendus. Les britanniques déplacèrent leurs troupes dans les oueds asséchés pour masqués leurs déplacement dans les abords de Beersheba et lancèrent leur attaque le 31 octobre.
Mais ou est-ce qu'il veut en venir bordel (j'y arrives)?
Cette attaque pris Beersheba sur trois front.
Sur l'un d'eux, en haut d'une colline, deux brigades de cavalerie légère australienne déferlère d'un seul tenant, plus de mille hommes sur leur monture descendire cette colline armé de fusils et de leur baillonnettes. La défense turc, appuyé de mitrailleuse, de pièces d'artilleries connaissant ce type d'attaque prépara ses fusils à la distance supposé de l'arret de la cavalerie pour former le front.
La cavalerie ne s'arréta pas, ne ralenti pas et bien au contraire, chargea au grand galop sur les dernières centaines de mêtres défiant les balles et la mort. Les turcs, dans leur surprise, ne réglèrent pas leur fusil pour compenser la distance réduite et les balles volèrent au dessus des cavaliers déchainés. Ces derniers percèrent la ligne de défences au galop provoquant une débacle sans pareil dans l'armée turcs et la bataille qui s'ensuivit permis de prendre plus de 700 prisonniers ennemis, le payant de la vie d'une trentaine d'homme de l'empire britannique seulement et récupérant ainsi un point stratégique de ravitaillement qui permis de faire reculer les lignes ennemis. A eux seuls ces deux bataillons percèrent les lignes ennemis de sept kilomêtres et cette bataille reste un fait d'armes des plus glorieux pour l'empire britannique, et surtout pour les australiens, même si c'est le drapeau anglais que l'on hissa sur le champ de bataille.
Il m'apparait trés probable que la scène poignante créer par Jackson, et avant lui Tolkien, ne prend finalement pas sa source dans l'imaginaire et que, comme souvent, La réalité ne rejoint pas la fiction, mais la fiction se nourris de la réalité.
Si cette histoire méconnus dans cette partie du globe vous intéresse (et que vous êtes aussi fénéant que moi), inutile d'attraper un livre d'histoire et de vous y plonger (j'ai tenté l'expérience, je n'y ai rien trouver sur le sujet qui ne déborde les limites de la France et de nos triste boucheries des tranchées) un film australien relate cette histoire dans le détail (et est qualifié de "bonne reconstitution").
Ni un chef d'oeuvre, ni une bouse, La chevauchée de feu (the Lighthorsmen) est bien fisselé et marche sur une réalisation plutôt dynamique en reprenant les codes des films de guerre des années 60 ou des westerns de la même époque.
Bien sûr, si ce film ne vous tente pas, au détour d'une prochaine vision du Retour du roi, posez vous simplement la question, est-ce que ça a rellement pus ressemblait à cela. Je n'avais même pas imaginé qu'on avait pus chargé à cheval avec un millier d'homme il y a 90 ans...


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Furax 07/03/2009 09:29

Je me sens un peu comme Dexter sur ce coup là intellectuellement je comprends l'enthousiasme et l'engouement, de mémoire, je ne l'ai pas ressenti beaucoup...

Avant d'écrire des conneries je vais rematter la scène pour vérifier quand même mais je crois qu'en même que le fauchage de bonshommes par Sauron m'avait plus porté d'un point de vue épique.

Merci pour la note historique :) Cela dit cela donne un argument de plus pour dire que la littérature et le cinéma c'est juste des genres vulgaires de la réalité, tout a été vécu seul le contexte lors de la redite change... M'enfin moi je les aimes bien ces genres vulgaires :)

Sylc 07/03/2009 02:46

Ca dépend des sources en fait, d'impliqués dans l'offensive, il y avait des anglais, des compagnies australiennes et des compagnies Néo-Zélandaises. En revanche, pour cette charge de cavalerie, sur l'ensemble des sources que j'ai regardés, elle semblerait composée essentiellement de troupes australiennes (2 a 3 suivant les sources), et une faisait allusions à un composite de britannique. Cela dit, l'acte est considéré comme "une fierté de l'empire britannique". Je me suis peut être laissé emporté sur l'empathie australie/Nouvelle Zélande, je ne connaissait pas leur animosité, mais en effet, pour avoir dit une fois à un Ecossais "you're english?" plutôt que "You speak English?", je confirme qu'il ne faut jamais au grand jamais dire ce genre de chose....

Karvak en mode trop fort ces Néo-Zélandais! 06/03/2009 19:03

Effectivement j'avais rien capté moi...
C'est des Orc alors les Turcs et les Allemands...? Bon ok je déconnes c'est une blague. Des Gobelins alors?
;-)
Par contre je crois bien me rappeler que les Néo-Zélandais n'aiment pas du tout qu'on dise qu'ils sont Australien. C'est un peu comme si tu disais à un Ecossais qu'il est Anglais...
Bref, c'est des Néo-Zélandais ou des Australiens qui ont pété la djeule aux Turc avec une énorme charge de cavalerie?
En tout cas merci Sylc, je vais me coucher moins con ce soir.