

La stéréoscopie, pi'squeu c'est ko ca kon
dit, n'est absolument pas nouvelle, déjà parce qu'on voit tout les jours comme ça, à part si on est borgne ou que l'on chante "On va s'aimer... sur une plage ou sur un oreiller...", et que le
cinéma étant un domaine technique et une industrie très loin avant d'être un art, on a toujours essayé d'appâter le chaland avec des évolutions techniques qui permettrait d'amener à coup sûr le
spectateur dans la salle, quelques soit la qualité du film.
On sait rarement, enfin moi je ne savais pas en tout cas, que la stéréoscopie daté du 19ème - en photographie - et que même les frères lumières s'étaient attachés a tester cette
technique. il faudra pourtant attendre les années 50 pour voir l'arrivée des premiers films en 3D a véritable exploitation commerciale comme
Bwana Devil et
House of
Wax qui lancèrent une mode qui dura moins d'une dizaine d'année, auquel Hitchcock lui même tenta de p

articiper avec
Le crime était
presque parfait - qui ne sera finalement présenté en 3d que dans les années 80 - pour être enterré à cause de la complexité de la projection et le peu d'attrait du public pour la
3d, la technique alors utilisée étant une double projection avec écran aluminiumisé et lunettes polarisantes. Pour faire simple, techniquement, l'écran tel que nous le connaissons n'est qu'une
toile améliorée qui reçois la lumière du projecteur. Dans la technique précédemment citée, l'écran avec aluminium devient réfléchissant et permet de renvoyer l'intégralité des rayons lumineux,
permettant grace à des lunettes polarisantes - à savoir que chaque verre séparément ne laisse pas passer la lumière dans le même sens - et deux projecteurs différents - avec deux films
identiques avec un angle de vue légèrement différent - on arrive à recevoir à la place du spectateur une image différente sur chaque oeil, et ce avec des lunettes très légères.
Pour ceux qui ont été à EuroMickey, c'est la technique utilisé pour le feu Capitaine EO - qui, avec la notoriété post mortem de Mr Jackson devrait finir par revenir à l'affiche
- ou plus récemment Chérie j'ai rétrécis le public. Certaines salles en son équipées, deux techniques actuellement utilisées semblant tenter de se tailler la part du lion.
Puisque nous sommes dans la technique, ce n'est évidemment pas la seule piste qui ai été exploré pour nous donner une impression de relief, ou d'ailleurs tout autre sensation "extra-écran". Les
années 50 on été particulièrement prolifique en tentatives d'implications du public dans le cinéma de série B. Des odeurs dans la salle, des volants de tissus flottants entre le siège pour
donner l'impression que des rats grouillent sous les strapontins, des chocs électriques dans l'assise, et même un film avec une fin au choix - dont je ne me rappel plus le nom désolés - ou l'on
pouvait décider si le meurtrier serait châtier ou non. Historiquement, le public a toujours choisis de châtier le coupable, ce qui tombait plutôt bien puisque la bobine ou le tueur s'en sortait
n'avait jamais été tourné faute de moyen.
Bref la technique à l'écran aluminium coûtant trop cher, d'autres pistes furent exploité.

La plus connu du public est celle des lunettes rouge et verte, l'anaglyphe, dont le film
L'Etrange créature du lac noir et le
plus fervent représentant. Cette méthode reprend très basiquement le système précédent, mais permet de limiter les investissements de manières drastiques. Seuls le tournage avec deux caméras -
de certaines scènes clefs car on n'imposent pas ce genre de lunettes pendant tout le film - et leur combinaisons en laboratoire sur la même pellicule, ainsi que la fourniture de lunettes à très
faible coût au public permettait de restituer cette fameuse troisième dimension.
Bien sûr, en terme de qualité d'image, on est très en deça de la technique aux verres polarisants, somme toute assez efficace. Ici, grâce au filtre rouge sur un oeil, on ne voit plus la
surimpression rouge de l'image mais uniquement la verte et inversement, avec la lunette verte, on ne perçoit pas non plus la surimpression verte (ou bleue) mais

seulement la surimpression rouge avec un
angle de vue légèrement différent. Ce qui donne au bout du compte une vrai 3 dimension, mais une perte très importante de la qualité de l'image en supprimant des composantes colorées
primordiale, ce qui n'avait que peu de désagrément pour des films en noir et blanc. On a tenté anecdotiquement durant les quarante dernières années de nous resservir régulièrement cette
technique pour attirer le public sur des produits souvents faibles en attrait. Pour ne citer qu'eux, M
eurtres en 3Dimensions (vendredi 13 III),
Les dents de la mer
3 (j'adore Dennis Quaid, mais là je peux pas tout défendre quand même),
Freddy l'ultime cauchemar (Freddy 6), et plus récemment, des éditions dvd particulières du type
Shrek ou le
Pole Express. La plupart de ces films étaient en 2 dimensions en majorités, et on vous signifiés d'une manière plus ou moins appropriée de chausser
vos lunettes pour profiter de la 3 dimensions quelques minutes.
Que du bon...
Une des idées techniques les moins chers et oubliée était tout simplement d'utiliser des lunettes solaires dont un verre serait manquant et qui, lors de travelling ou de panoramique (dans un
sens particulier suivant le verre manquant d'ailleurs) vous donne l'impression de relief, le cerveau ne décodant pas à la même vitesse l'image assombris et l'image clair. On comprend que le
système n'est jamais percé, mais l'avantage, c'est que vous pouvez le tester à la maison si ça vous dit...

Cela fait donc bien des années que l'on cherche à nous
amener la 3 dimensions dans notre salon, et cela fait une bonnes décennies que tout les blockbusters sont tournés à deux caméras, en attendant impatiemment que le matériel grand public soit au
point. A noter que le jeu vidéo avait depuis bien longtemps (n'est ce pas furax) fournis des cartes graphiques et des lunettes permettant de voir ses jeux préférés en 3 dimensions (même sur la
snes, c'est pour dire).
Et voilà donc l'explication de la montée en fréquence de nos téléviseurs actuelles. Pourquoi nous vendre des dalles à 600hz alors que notre oeil ne peut plus percevoir aucune différence au delà
du 200hz. A part activer un motion flow qui vous donne l'impression que Shining prend la fluidité d'un épisode d'Hélène et les garçons, il n'y a aucun interet....
A part, s'il s'agit de préparer le terrain à la 3D sur nos blueray.
La technique actuellement la plus répandues est née des progrès amenés par le numérique, et celle-ci ne peut qu'être projetée dans des salles avec projecteurs numériques sur support à disques
durs.

Les lunettes un peu
lourdes et volumineuses que nous portons dans ces salles , lorsqu'il ne s'agit pas de la technique avec les lunettes polarisantes décrites plus haut, sont en fait deux écrans LCD, un pour
chaque oeil, qui, référencé à la fréquence du projecteur, vous aveugle un oeil sur deux. Pour faire simple, le projecteur envoi une image pour l'oeil gauche sur l'écran pendant que les lunettes
aveuglent votre oeil droit et inversement. La projection n'est donc plus en 24 images secondes, mais 48 (mais toujours en 24 pour chaque oeil séparément).
Cette technique existe depuis assez longtemps au futuroscope, mais l'amélioration, la miniaturisation des écrans lcd et le développement de leur technique a permit d'améliorer la légèreté du
système.
Pour nos écrans maisons, l'intérêt est donc là. Nous sommes passez depuis longtemps au 100hz, déjà à l'époque des cathodiques, et pour un confort visuel notable. Rappelons que cette fréquence
est une fréquence technique, en effet nous n'avons pas 100hz égal 100 images par secondes, mais 100 demi image par seconde, donc 50 images par seconde. Nous pouvons considérer que le passage
jusqu'à 400hz est un intérêt, puisqu'il s'agit de la fréquence "native" de nos yeux et que donc, si l'on décide de faire de la 3d sur nos écrans, nous passions donc à 800hz de manière tout à
fait justifier. N'oublions pas qu'en plus de l'écran, il faudra investir dans des lunettes... pour chacun. Après, pourquoi le 600hz? S'agit-il d'un appât commercial, qui permettra de financer
les prochaines avancées ou n'est-ce qu'une donnée théorique toujours assez loin des données physiques réelles de nos matériels (cf la montée en temps de réponses de nos écrans par un changement
de méthode de mesures et non une évolution technique)?
Probablement les deux mon général!!

On est
en droit de se poser d'autres questions tout de même.
Quand est il de la recommandation faites au Futuroscope qui était de ne pas faire de film de plus de 45 minutes sur ce principe pour ne pas générer de désordres du type crise d'épilepsies, maux
de tête et désorientation, alors qu'on hésites pas à nous balancer 2h40 d'Avatar dans la tronche (sans parler de nos gamins qui seront capable de mater Monstres et
Compagnies 14 fois de suite dans une après midi)?
Que doit-on penser des effets sur nos yeux et sur notre cerveau de cette technique que l'on peut facilement qualifier de traumatisante pour nos rétines?
Que dois-je penser, moi qui est vu de mes yeux il y a près de dix ans maintenant lors du salon professionnel Satis un écran 20" en 3 dimension SANS lunettes ni support spécial (très bleufant au
demeurant on a l'impression d'une fenêtre ouverte sur un autre monde, le relief étant sur l'intérieur de l'écran et non vers l'extérieur)?
Et surtout, dans quel niveau de régression artistique va nous amener cette nouvelle technique?
Alors j'entends déjà crier au fond de la salle "Brûlons le réactionnaire!!", à quoi je répondrais tout d'abord que, comme vous êtes au fond de la salle et moi devant, j'ai une sacrée longueur
d'avance pour atteindre la sortie de secours ou je me mettrais a cessé de boiter dans la rue pour disparaître au milieu du public (ouai je kiffe Usual Suspects), et qu'ensuite,
je n'ai pas terminé mon exposé, alors asseyez vous et que je ne vous entendes plus.

Comme je le disais déjà dans une
discussion avec mes amis Poney et Romano, je suis contre la 3D que l'on va nous servir pendant les cinq a dix ans qui viennent. Soyons réalistes, chaque évolution technique a eut toujours un
temps d'adaptation plus ou moins conséquent pour être digéré par le cinéma et ses créateurs. Certains digèrent ces éléments dès les premiers essais et d'autres n'y arrivent jamais.
Comme toutes les techniques, dès qu'elles sont disponibles, tout le monde en fait des tonnes à tord et à travers, et surtout plus à tort qu'à raison. Lorsque le son est apparu au cinéma, tout
fut prétexte pour figer l'image pour y amener du son. A l'arrivée du Technicolor, la couleur a exploser les écrans au point de faire pâlir le papier peint de ma grand mêre. Lorsque le
zoom est apparu dans les années 70, ont a eut des zoom et contre zoom a vous faire vomir vos Trits et vos Raiders. Lorsque le travelling a été découvert par Kubrick, libérant les déplacements
de caméras fluides de leur rails contraignant, on en a eut partout. Lorsque l'image de synthèse a fait son apparition au début des années 90, même constat, et idem quand on nous a servis de
petites prouesses visuels comme le bullet Time.
Je n'ai donc aucun doute sur le fait que l'on va nous servir de la 3d à toute les sauces, justifier ou non. La première preuve est la suivante. Dans le petit monde de l'audiovisuel, en ce
moment c'est la course à l'échalotte pour réussir à re-spatialiser le visuel de tout les films que l'on sera capable de nous faire racheter en 3D, alors qu'il n'ont jamais été conçu pour cela.
La tête du ploton est évidemment tenu par George Lucas, qui nous prépare une énième version de sa sextalogie, et gageons qu'il en profitera pour nous rajouter une ou deux scènes inutiles
supplémentaires dans le lot, avec un peu de chance une rallonge du jonglage avec des bombes de Jar-Jar pour nous faire rire au milieu de l'extermination de son peuple. Derrière lui nous avons
Cameron qui va nous ressortir tout les Terminators, et peut être qu'avec la 3d, dans les premieres scènes de chaque films, verra t'on déborder sur le bas de notre écran une couille de schwarzi
dans le plus simple appareil.

Mais je m'égare alors que je ne
compte pas payé le parkmetre.
De la même manière que Citizen Kane n'est pas conçu pour être entendu en 5.1 ni vu en couleur, nous allons déviez a tour de bras des choix artistiques que biens des réalisateurs ont passé du
temps à conjiter.
Crotte, si les remakes et les adaptations existent, au moins que ce soit pour une bonne raison, on va bien nous servir en 2012 un remake des origines de Spiderman... sans rire, bientôt on fera
les remake en même temps que le film original, on économisera des sous.
L'autre élément qui va concidérablement souffrir de cette évolution, au moins dans les premiers temps, est l'un des éléments fondateurs de ce qu'est notre cinéma. On va me taxer de précher pour
ma paroisse, mais il y a finalement peu d'éléments primordiaux et nécessaire. Le son... et bien on est capable de s'en passer, on peut évoquer du son par l'image - et inversement- on s'en est
bien passé pendant longtemps (bon je pousses bien mémé dans les orties là, d'accord), la couleur, on peut également s'en passer très facilement, a condition d'avoir de très bons chefs
opérateurs, ce qui ne court pas non plus les rues. Nous restes quoi... et bien de l'image et du montage. Bon ok, le son, l'image et le montage.
Rien d'autres n'est nécessaires à un film... bon a part les acteurs, mais c'est juste parce qu'on arrivent pas encore à les vendre dans des boites de pattée pour chat, même si les extra
terrestres en rafole.
Ce qui fait une grande part d'un film, c'est la capacité du monteur, extension (ou pas) du réalisateur, à parfaire les choix de cadrage, le déroulement et le rythme du film. Dans cette idée, le
choix principale qui incombe au réalisateur est la décision ultime de montrer ou non, d'esquisser, de suggérer ou de cacher et surtout de rythmer. Je vous renvois à un film comme Final
Cut, ou au moyen métrage Master Of Horror: Cigarette burns qui sont de biens meilleurs explications sur le montage et cette notion de choix que je tente de vous
faire passer.

La 3 dimension amène à nos réalisateurs une arme éfficace aux effets secondaires qui seront dans un premiers temps dévastateur. Cette technique impose quelques contraintes pour
apprécier au mieux la profondeur de l'image. J'ai bien précisé "profondeur" de l'image et pas l'image elle même. Pour en profiter parfaitement, il est nécessaire que le sujet soit en entier
dans le cadre. En effet on accepterait difficilement une demi tête tranchée net par un bord d'écran en relief, un demi vaisseau, une demi explosion, alors qu'une Demi Moore passe encore.
L'élément principale est donc "forcé" dans l'image, et de préférence sans en entrée ou en sortir (ou de manière très fugitive), ne lui laissant que des déplacements dans la profondeur de
l'image, qui sont les plus difficile a dynamiser.
Et voilà, toutes les règles définissant le rythme et les choix primordiaux, voir ancestraux qu'ont le réalisateur et le monteur balayé par la nécessité d'assouvir la perfexion d'une prouesse
technique. Je peux vous assurer que dans tout les prochains films commerciaux, l'ensemble des scènes se dérouleront dans des espaces créés pour magnifier la 3D, dans des maisons en feux pleines
d'escarbilles, dans des vallées battues par la pluie, sans parler des mouvements ridicules perméttant de vous faire passer une lame devant les yeux...
J'entend encore crier au fond de la salle, mais alors expliquez moi pourquoi lorsque je vois un film comme Watchmen , ou Wolverine en 2 dimension je suis capable
de repérer chacun des plans conçus afin de satisfaire un effet de spatialisation, et souvent parce qu'ils sont tout simplement d'une molesse à la limite du supportable. C'est bien que la
technique a un effet préjudiciable sur la dramatique du film que seul l'impression de 3 dimension parviendrait à nous faire oublier. Vous ne me ferez pas croire que le réalisateur crée ce plan
pour me faire dire "ah merde, celui là je l'ai raté, il été en 3d", c'est comme si un orateur parler pour agencer de belles paroles dans une belle dialectique sans vouloir dire quoi que ce
soit, un homme politique en quelque sorte, et les hommes politiques restent dans l'histoire, pas dans la littérature.
Bref, nous avons à mon humble avis encore quelques années à attendre - ou quelques bons réalisateurs - afin de pouvoir réellement profiter d'une spatialisation visuelle digéré par notre cher
cinéma.
Et cela, c'est en comptant que nous, cher public, adhérions à la technique au delà de l'effet de mode. Il est quasi écrit que la technique choisi pour votre salon soit celle des lunettes LCD,
car elle n'impose pas un changement drastique de la technologie de nos écrans. Seulement lorsque vous aurez étaient contraint d'acheter un lecteur Blueray compatible, référencé avec votre écran
compatible, référencé aux deux paires de lunettes que l'on vous aura offert avec l'un ou l'autre (et qu'il vous en faudra bien deux autres à acheter à part si vous ne voulez pas regarder
la télé à tour de role) et surtout, qu'en plus vous serez contraint d'être vissé au siège pour ne pas risquer de vous rétamé en allant chercher des cacahuetes et cela seulement pour avoir une
impression de profondeur qui n'améliore en rien ce que vous pouvez ressentir du film, est-ce que cela tiendra? Pour une amélioration minime, la contrainte est énorme... alors que si l'écran que
j'ai pus voir il y a 10 ans était commercialisé, la question ne se poserais quasiment pas.
Voilà je vous remercie de m'avoir écouter, vous pouvez ramasser vos affaires et je vous donnes rendez vous dans quelques années, lorsque nous pourrons reparler de films et de réalisateurs qui
auront su passer le cap, ou si la technique sera retournée dans les cartons, et si vous pouviez sortir sans bruit, ça m'arrangerais...
Karvak et Furax, vous viendrez effacer le tableau tant que vous êtes là...